Etudes supérieures

L’Etat de l’éducation dans le monde : les indicateurs de l’OCDE

Leurope ameliore 2En juin dernier, l'OCDE publiait son dernier rapport Regard sur l'Education 2013 concernant les performances des systèmes d'éducation des 34 pays membres. Résultats mitigés pour la France.

Le rapport fait figure d'ouvrage de référence sur l'état de l'éducation dans le monde. Il dresse un état des lieux de la structure, du financement et des performances des systèmes d'éducation des 34 pays membres de l'OCDE, ainsi que d'un certain nombre de pays du G20 non membres de l'Organisation.

Rédigé par Eric Charbonnier, analyste à la direction de l'éducation de l'OCDE, ce rapport s'organise cette année autour de trois thèmes :

- L'environnement pédagogique et scolaire dans le primaire et le secondaire,
- Les effets de la crise sur le chômage des jeunes,
- Le développement de l'enseignement supérieur dans les pays de l'OCDE et en France –

Il présente des données sur les résultats des établissements d'enseignement ; l'impact de l'apprentissage dans les différents pays ; les ressources humaines et financières investies dans l'éducation ; l'accès, la participation et la progression au sein des systèmes d'éducation ; et l'environnement pédagogique et l'organisation scolaire.

 

Les étudiants en France réussissent plus qu'ailleurs

Le taux de réussite dans l'enseignement supérieur français, au-dessus de 75%, est globalement plus élevé que dans l'ensemble des pays de l'OCDE, tout comme en Autriche, au Danemark, en Espagne, en Finlande, et au Japon. A l'autre bout de l'échelle, ce taux n'atteint pas 60% aux Etats-Unis, en Hongrie, en Norvège, en Nouvelle-Zélande et en Suède.

Niveau d'études : Dans les pays de l'OCDE, le taux de diplômés de l'enseignement supérieur a progressé de près de 10 points de pourcentage depuis 2000. Pour autant, on dénombre encore moins de 35% d'hommes et de femmes diplômés du supérieur.

À tous les niveaux de l'enseignement supérieur, à l'exception du doctorat, la majorité des diplômés sont des femmes. Sur la base des tendances actuelles en matière d'obtention des diplômes, on estime qu'en moyenne 48% des jeunes femmes et 32% des jeunes hommes des pays de l'OCDE obtiendront un diplôme de l'enseignement supérieur au cours de leur vie.


Financement de l'enseignement supérieur en baisse

On constate un sous-financement relatif de l'enseignement supérieur français : La part du financement privé dans l'enseignement supérieur atteint 32% en moyenne dans les pays de l'OCDE, contre 18% seulement en France.
Sur la période 2005 à 2010, l'investissement dans l'enseignement supérieur a augmenté de 15% en France, contre 8% en moyenne dans l'ensemble des pays de l'OCDE (11.514€ par an et par étudiant en France). Les pays dépensant le plus pour les étudiants (au-delà de 13.756€) sont le Canada, le Danemark, les Etats-Unis, la Norvège, la Suède, et la Suisse.

Globalement, la part des fonds publics dans le financement des établissements supérieurs ne cesse de diminuer : de 77% en 1995, elle est passée à 76% en 2000, 71 % en 2005 et 68% en 2010.

 

Diplômes : la solution pour lutter contre le chômage

En France comme ailleurs, le diplôme reste la meilleure arme anti-chômage, particulièrement par temps de crise, même s'il ne garantit pas l'emploi. Les effets de la crise se ressentent particulièrement sur le taux de chômage des jeunes sans qualification. En augmentation partout, il atteint 23,3% en 2011 en France, contre 18,1% en moyenne dans l'OCDE. Les titulaires du bac sont quant à eux 11,4% à chercher un emploi, alors qu'ils sont 9,5% dans ce cas dans les autres pays étudiés.
Le pourcentage de diplômés du supérieur chez les français âgés de 25 à 34 ans est en hausse sur 30 ans, à 43% (de 43 % sur 30 ans ?) (39% pour la moyenne des pays de l'OCDE). Un pourcentage qui grimpe jusqu'à 55% en Corée, au Japon, au Canada et en Russie.

 

Nos doctorats intéressent les étudiants étrangers

En France, 1,6% des jeunes est titulaire d'un doctorat – soit, très précisément, la moyenne des pays de l'OCDE. En Allemagne, en Autriche, en Chine, au Danemark, en Finlande, au Royaume-Uni, en Suède et en Suisse, ce taux dépasse 2%.
Un tiers des docteurs diplômés en France est constitué d'étudiants étrangers. Le rapport ne dit pas si cette proportion d'étudiants étrangers s'explique par l'attractivité de la recherche française, ou par la peur des étudiants nationaux de s'y engager.

 

La France est le troisième pays d'accueil des étudiants étrangers

6% des étudiants étrangers ont choisi la France, où ils représentent presque 12% des effectifs. Le pays le plus recherché reste les Etats-Unis (17% de l'effectif mondial d'étudiants étrangers), devant le Royaume-Uni (13%), puis l'Australie et l'Allemagne, tous deux à égalité avec la France. Le prix des inscriptions n'est donc pas si dissuasif...
De nouveaux pays émergents commencent à capter une part de ces étudiants : la Corée, l'Espagne, la Nouvelle-Zélande. Cette concurrence nouvelle incite de plus en plus de pays non anglophones à proposer des cours en anglais dans certaines filières. C'est le cas notamment dans les pays nordiques. On connait le débat qui s'est tenu il y a peu en France sur cette question.
Enfin, le rapport souligne que les frais à la charge des étudiants sont peu élevés en France tout comme en Autriche, en Belgique, en Espagne, en Italie, au Portugal, et en Suisse. A l'inverse, dans un tiers des pays observés, les étudiants doivent s'acquitter de frais de scolarité supérieurs à 1.146€ par an. Nous connaissons également la réforme d'il y a deux ans en Angleterre concernant les frais d'inscription à l'université. Aujourd'hui, cette hausse drastique des frais d'inscription a pour conséquence une baisse des inscriptions des étudiants britanniques.

 

Source :

Rapport Regard sur l'Education, OCDE, Eric Charbonnier, juin 2013

Rapport annuel Regards sur l'éducation, OCDE, juin 2013 et Regards sur l'éducation 2013 : une réussite relative des étudiants français, Sandrine Chesnel, educpro.fr, 26.06.2013
www.oecd.org/edu/eag2012

La base intégrale de données en ligne de l'OCDE dans le domaine de l'éducation, sont accessibles via le site « Éducation » de l'OCDE sur le web à l'adresse : www.oecd.org/edu/eag2012

Projet d'avenir

 

Additional Information

En bref

  • The most expensive university MBAs in the UK 2015

    Cliquer sur le lien :

    The most expensive university MBAs in the UK 2015

     

    Classement in Times Higher Education, Août 2015

     
  • Rapprochement entre Paris Dauphine et six IEP

    Rapprochement entre Paris Dauphine et six IEP

    L'université Paris Dauphine vient de signer un accord de partenariat en formation et recherche avec les IEP d'Aix, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg et Toulouse. Les représentants de Paris-Dauphine et des IEP (Instituts d'études politiques) d'Aix, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg et Toulouse ont signé le 19 juin 2013 à Toulouse un accord de coopération en matière de formation et de recherche.

    Cette convention cadre s'accompagnera, dans les prochaines semaines, de conventions bilatérales entre l'établissement parisien et chacun des six IEP, l'accord étant décliné en fonction des spécialités de chaque institut.

    Avec pour objectif une application de l'accord à la rentrée 2014."Il s'agit d'une triple ouverture : géographique, disciplinaire et institutionnelle, indique Laurent Batsch, le président de Paris Dauphine. Des étudiants d'IEP qui ne s'étaient pas posé la question de venir étudier à Paris vont pouvoir l'envisager".


    Source : Mathieu Oui, L'Etudiant/educpros.fr, 20.06.2013

     

     
  • Ecole de commerce. Emprunt étudiant

    FR. Ecole de commerce. Emprunt étudiant 

    L'endettement des étudiants français concerne plus d'un jeune sur six en école de commerce …. En effet, les établissements les plus prestigieux n'hésitent pas à facturer l'année d'étude de 10 000 à 15 000 euros par an. Pour tenir leur rang dans une compétition internationale impitoyable, les écoles investissent. " Et comme l'Etat ne nous soutient pas, constate Pierre Tapie, président de la Conférence des grandes écoles et directeur général de l'Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales (Essec), il faut bien que les étudiants participent. " Et certains s'endettent. Selon Mr Tapie : " A l'Essec, la scolarité coûte 40 000 euros à l'étudiant. Mais il perçoit en retour, à travers des stages notamment, quelque 24 000 euros. La charge nette est donc de 16 000 euros. Si, pour l'assumer, il emprunte, le prêt correspondra à ses cinq premiers mois de salaire en moyenne... C'est donc très raisonnable. ".

     

    Les banques ne s'y trompent d'ailleurs pas, qui misent sur le prêt étudiant, outil efficace de fidélisation : 60 % des étudiants ont un compte dans le même établissement que leurs parents. Les Caisses d'épargne, par exemple, ont des objectifs ambitieux : doubler le nombre de crédits accordés en 2013, soit 30 000, contre 15 000 l'année précédente.

    Compte tenu des caractéristiques sociologiques de la France, l'essor attendu n'est pas assuré. Le prêt avec garantie d'Etat, par la banque publique Oséo, lancé par Valérie Pécresse en 2008, n'a pas répondu aux attentes de ses promoteurs. Cinq ans plus tard, le système fonctionne à petite vitesse : 40 000 prêts ont été signés au total (pour un montant moyen de 8 000 euros). L'objectif était de 60 000 crédits par an.

    Source: Benoît Floc'h, Maxence Kagni et Isabelle Rey-Lefebvre, Le Monde universités & Entreprises, 16.05.2013, p.9.

     

     
  • Etudes Britanniques à l’étranger

    Etudes Britanniques à l’étranger 

    Transnational education ‘brain drain’ warning. A study into transnational education has found that it can help train students to fill skills gaps in host countries, but also warned that it can contribute to a brain drain and has not led to enhanced research. Transnational education – which includes ventures such as branch campuses, joint degrees and the validation of overseas courses - has been promoted by the universities and science minister

    David Willetts. UK universities had established 25 branch campuses by 2012, according to the Observatory on Borderless Higher Education, in countries including China, the United Arab Emirates, India and Malaysia. In 2010-11 there were 291,595 students studying overseas on programmes validated by UK institutions. But so far there has been “little national data” produced on whether such ventures benefit host countries economically or whether the quality of higher education is boosted, according to the pilot British Council study, released today.

    Davie Matthews, Times higher educational, (THE), 14 May 2013 

     

     

     
  • Un étudiant coûte en moyenne 11.630 euros par an à l’État français

    Un étudiant coûte en moyenne 11.630 euros par an à l’État français

     

    FR. Coûts des universités. Un étudiant coûte en moyenne 11.630 euros par an à l’État. Les élèves des classes prépas sont ceux qui coûtent le plus cher. Plus d’un jeune sur deux accède à l’Enseignement supérieur, et 650.000 d’entre eux bénéficient d’une bourse. Le rapport sur «L’état de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en France» vient d’être publié début mai par le gouvernement. Un secteur qui pèse 28 milliards d’euros en 2011. 2.347.800 étudiants étaient inscrits dans l’enseignement supérieur cette année-là, un nombre qui «n’a jamais été aussi important.

    À 11.630 euros, la dépense annuelle moyenne par étudiant baisse légèrement par rapport à l’an passé , l’hexagone se classant dans la moyenne des pays de l’OCDE. La France reste néanmoins loin des États-Unis, champions en la matière avec plus de 22.000 euros dépensés par étudiant. Une générosité qui trouve peut-être son explication dans l’origine des fonds. Alors que l’argent public représente plus de 80 % des financements en France ou en Allemagne, les pays anglo-saxons n’hésitent pas à recourir massivement à l’argent privé: près de 55 % du total en Australie, 61 % aux États-Unis et 70 % au Royaume-Uni. Source : Quentin Blanc, Le Monde, 3.05.2013