Etudes supérieures

Réforme des universités en GB : vers un nouveau système de pré-inscriptions ?

La procédure d’admission dans les universités anglaises repose sur une pré inscription avant les examens finaux. Cette pré inscription suscite critiques et volonté de réformes...

Avant d’aborder cette question, cette anecdote devrait faire sourire...

Sur la réforme des universités, un ministre de l’Education interroge John Dewey, philosophe américain spécialiste de question d’éducation :

« How do I bring about the change in Higher education? » asks the Minister.

-“Do you want the realistic way or the miraculous way?” Dewey replies.

“I prefer the realistic way, of course.”

“Ok, says Dewey, “I will send a million angels down from heaven to visit every university in the land. They will sprinkle angel dust and, lo and behold, they will be reformed”.

“If that is the realistic way, then what, pray tell, is the miraculous way?”

“Oh “says Dewey, “That’s when the universities reform themselves.”

Fonctionnement du processus d’inscription à l’université

Choisir son université consiste pour le futur étudiant anglais à suivre 5 étapes sur une période de 10 mois précédant ses examens finaux (A-Level) en fin de secondaire :

  1. Les élèves doivent recevoir leurs résultats prévisibles des examens finaux (A-Level). Ils sont estimés par leurs professeurs.
  2. Ils obtiennent une proposition d’admission conditionnelle des établissements supérieurs qu’ils ont choisis. Ces établissements valident ou refusent les propositions des candidats.
  3. Les élèves passent leurs examens finaux et obtiennent leurs notes.
  4. Ils reçoivent alors les offres des Universités.
  5. Ils acceptent l’offre qu’ils estiment satisfaisante et déclinent les autres choix possibles. Les étudiants peuvent émettre 5 candidatures dans les établissements supérieurs.

Les offres d’admissions dans les universités anglaises se font donc sur la base de prévisions des notes obtenues à l’examen du A-Level en fin du secondaire.

Ces prévisions des résultats finaux sont notoirement peu fiables, plus de la moitié sont fausses. La plupart des prévisions faites par les professeurs sont trop optimistes mais une petite partie également sous-estime le niveau des futurs étudiants. A signaler que les "Independants schools" sont les plus chanceuses dans leurs prédictions qui s’avèrent plus exactes.

En 2010, 60% des 360 000 demandes préalables ont eu leur choix assurés à 77%. Et les 2/3 de ces candidats étaient issus des A-Levels.

Les étudiants font 5 choix de demande d’inscriptions simultanément, ce qui veut dire que les universités travaillent sur des milliers d’inscriptions potentielles qui n’auront jamais lieu.

Après les résultats, un temps est accordé aux étudiants pour venir confirmer leur choix auprès de l’université finalement retenue. Ces universités doivent donc attendre pour savoir combien d’étudiants ont confirmé leurs choix. Ensuite, elles peuvent éventuellement proposer les places restantes à ceux qui, au regard de leurs résultats finaux, ne pouvaient y prétendre initialement.

Cette période qui ne peut se réduire explique que certaines universités comme Oxbridge commencent plus tard.

Comment réformer le système ?

Doit-on considérer les résultats du A–Level et non plus leurs prévisions ? Vaste débat qui aujourd’hui n’est pas tranché.

Aujourd’hui, l’université en Angleterre effectue, généralement, sa rentrée en octobre. Elles ne peuvent donc pas attendre les résultats de "A-Levels" pour organiser leurs futurs effectifs. Faire en août toute les procédures d’inscriptions donnerait en effet au processus un temps bien trop court. Les universités ont besoin de plus de temps entre l’annonce des résultats des élèves candidats et le début des enseignements universitaires.

Cependant, depuis 2008, des progrès sont à noter dans la procédure d’inscription :

Ils ont permis essentiellement aux étudiants qui ont mieux réussi qu’ils ne l’espéraient d’essayer d’intégrer des universités plus sélectives pendant une période de 5 ans après que les résultats soient publiés. Dans les faits, cette mesure ne concerne qu’un nombre restreint d’étudiants. Le nombre de réajustements par exemple en 2009 a été de 382 et en 2010 de 377.

Mais cette solution n’en est, en réalité, pas une car cette demande tardive ne peut bien souvent pas être honorée. Les universités sélectives ont tellement de demandes qualifiées que leurs quotas sont déjà remplis avant que les résultats du "A-Level" ne soient en effet communiqués.

Finalement, la réforme en ce domaine n’est donc toujours pas menée à son terme même si ses objectifs sont unanimement reconnus, à savoir :

  • réformer le système de manière gérable pour les universités, bénéfique pour elles en prenant en compte les formations spécifiques telle que médecine par exemple.
  • construire un système plus flexible qui rende compte des besoins des universités (moins d’options possibles pour les candidats) et des étudiants (en proposant différentes dates d’inscription par exemple)
  • considérer le cas de ceux qui ont échoué à l’examen final dans le secondaire et qui ne peuvent entrer dans les universités de leur choix.
  • Espérer et tenter d’inciter de la part des écoles du secondaire de donner de meilleurs diagnostics quant aux résultats finaux de leurs élèves.
Sources
  • Times Higher Education (THE), “Admissions accomplished ?”, Rebecca Attwood,10-16 February, pp33-34.
  • Times Higher Education (THE), “Fairer by Far”, Stephen Schwartz, vice chancellor of Macquarie University ( Chair of the 2003 Admissions to Higher Education Review), 10-16 February, p35.
Pour aller plus loin
  • Times Higher Education (THE), “Best outcome”, Mary Curnock Cook, chief executive of the Universities and Colleges Admissions service, 10-16 February, pp36-37.

Projet d'avenir

 

Additional Information

En bref

  • The most expensive university MBAs in the UK 2015

    Cliquer sur le lien :

    The most expensive university MBAs in the UK 2015

     

    Classement in Times Higher Education, Août 2015

     
  • 2015: La recherche française en bonne position

     

    2015: La recherche française en bonne position

     

    Selon le dernier rapport 2015 de Thomson Reuters qui permet d’évaluer les résultats en recherches et innovation des différents pays du G20 et leur évolution de 2003 à 20012, la Chine pèse désormais pour 14% du total des publications, les Etats Unis ont perdu 5% de poids dans la production mondiale (de 33% à 27.8%) et l’Europe affiche une même décroissance mais de moindre importance, avec une diminution de 3% (38.5 à 35%).

    La France en Europe arrive à tirer sa carte du jeu. En dix ans, le nombre de publications françaises a augmenté de 28% (51000 à 65000 par an) ! Certes sa part mondiale a régressée avec l’arrivée de la Chine, la Corée du Sud et l’Inde de plus en plus présentes, mais la France fait mieux que la GB en déclin, que l’Allemagne et surtout que le Japon dont l’effondrement lui permet de garder la 5ème place.

     

    Avenue des Ecoles, Avril 2015

     

     
  • Rapprochement entre Paris Dauphine et six IEP

    Rapprochement entre Paris Dauphine et six IEP

    L'université Paris Dauphine vient de signer un accord de partenariat en formation et recherche avec les IEP d'Aix, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg et Toulouse. Les représentants de Paris-Dauphine et des IEP (Instituts d'études politiques) d'Aix, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg et Toulouse ont signé le 19 juin 2013 à Toulouse un accord de coopération en matière de formation et de recherche.

    Cette convention cadre s'accompagnera, dans les prochaines semaines, de conventions bilatérales entre l'établissement parisien et chacun des six IEP, l'accord étant décliné en fonction des spécialités de chaque institut.

    Avec pour objectif une application de l'accord à la rentrée 2014."Il s'agit d'une triple ouverture : géographique, disciplinaire et institutionnelle, indique Laurent Batsch, le président de Paris Dauphine. Des étudiants d'IEP qui ne s'étaient pas posé la question de venir étudier à Paris vont pouvoir l'envisager".


    Source : Mathieu Oui, L'Etudiant/educpros.fr, 20.06.2013

     

     
  • Ecole de commerce. Emprunt étudiant

    FR. Ecole de commerce. Emprunt étudiant 

    L'endettement des étudiants français concerne plus d'un jeune sur six en école de commerce …. En effet, les établissements les plus prestigieux n'hésitent pas à facturer l'année d'étude de 10 000 à 15 000 euros par an. Pour tenir leur rang dans une compétition internationale impitoyable, les écoles investissent. " Et comme l'Etat ne nous soutient pas, constate Pierre Tapie, président de la Conférence des grandes écoles et directeur général de l'Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales (Essec), il faut bien que les étudiants participent. " Et certains s'endettent. Selon Mr Tapie : " A l'Essec, la scolarité coûte 40 000 euros à l'étudiant. Mais il perçoit en retour, à travers des stages notamment, quelque 24 000 euros. La charge nette est donc de 16 000 euros. Si, pour l'assumer, il emprunte, le prêt correspondra à ses cinq premiers mois de salaire en moyenne... C'est donc très raisonnable. ".

     

    Les banques ne s'y trompent d'ailleurs pas, qui misent sur le prêt étudiant, outil efficace de fidélisation : 60 % des étudiants ont un compte dans le même établissement que leurs parents. Les Caisses d'épargne, par exemple, ont des objectifs ambitieux : doubler le nombre de crédits accordés en 2013, soit 30 000, contre 15 000 l'année précédente.

    Compte tenu des caractéristiques sociologiques de la France, l'essor attendu n'est pas assuré. Le prêt avec garantie d'Etat, par la banque publique Oséo, lancé par Valérie Pécresse en 2008, n'a pas répondu aux attentes de ses promoteurs. Cinq ans plus tard, le système fonctionne à petite vitesse : 40 000 prêts ont été signés au total (pour un montant moyen de 8 000 euros). L'objectif était de 60 000 crédits par an.

    Source: Benoît Floc'h, Maxence Kagni et Isabelle Rey-Lefebvre, Le Monde universités & Entreprises, 16.05.2013, p.9.

     

     
  • Etudes Britanniques à l’étranger

    Etudes Britanniques à l’étranger 

    Transnational education ‘brain drain’ warning. A study into transnational education has found that it can help train students to fill skills gaps in host countries, but also warned that it can contribute to a brain drain and has not led to enhanced research. Transnational education – which includes ventures such as branch campuses, joint degrees and the validation of overseas courses - has been promoted by the universities and science minister

    David Willetts. UK universities had established 25 branch campuses by 2012, according to the Observatory on Borderless Higher Education, in countries including China, the United Arab Emirates, India and Malaysia. In 2010-11 there were 291,595 students studying overseas on programmes validated by UK institutions. But so far there has been “little national data” produced on whether such ventures benefit host countries economically or whether the quality of higher education is boosted, according to the pilot British Council study, released today.

    Davie Matthews, Times higher educational, (THE), 14 May 2013