Etudes supérieures

Le Royaume-Uni choisit de quitter l'Union européenne

Les Britanniques ont voté à 51.9 % pour la sortie du pays de l’Union Européenne. Quelle est l’implication de la victoire du camp « Brexit » sur les étudiants, le programme Eurasmus, les universités?

 


Mais qu'à fait la Grande Bretagne !


People in this country have had enough of experts” avait dit pendant la campagne du Brexit Michael Gove ancien ministre de l’éducation et principale figure des partisans du "out" . Le RU se réveille sous le choc, Cameron démissionne. Le Royaume-Uni a donc finalement choisi le vendredi 24 juin 2016 : Le camp du  "Leave" , favorable à la sortie du Royaume-Uni de l’UE, l’a emporté avec 51,9 %, contre 48,1 % pour le « Remain », camp pro-européen.


Formellement, pour quitter l’UE le Royaume-Uni doit annoncer ses intentions lors d’un Conseil européen comme décrit dans l’article 50 du traité de Lisbonne. Le prochain a lieu les 28 et 29 juin et la question sera traitée puisque son ordre du jour contient la question du referendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE. Une période de deux ans est prévue pour préparer la sortie. Cette période peut être raccourcie si un accord est trouvé. Aujourd’hui, le RU souhaite se donner du temps. Quelles sont les conséquences pour le sujet qui nous intéresse ?

 


Les frais de scolarités des étudiants européens impactés


En 2012-2013, 5,5 % des étudiants au Royaume-Uni étaient issus des pays de l’Union européenne, générant un revenu de 3,7 milliards de livres pour l’économie britannique et 34 000 emplois dans les communautés locales, selon le quotidien britannique The Telegraph.


C’est d’abord la question des Tuitions fees des universités britanniques (les frais de scolarité pouvant atteindre jusqu’à 9 000 livres par an, soit environ 11 700 euros) qui se pose aujourd’hui avec le Brexit pour les étudiants français et européens. En effet les tarifs sont différents selon que l’on est membre ou non de l’UE.

Aujourd’hui, le risque est que les étudiants européens soient à terme traités comme les étudiants internationaux, et par conséquent payent des droits d’inscriptions nettement plus élevés. En moyenne, une année d’études au Royaume-Uni coûte 15 000 euros pour un étudiant britannique, elle ne revient qu’à 8 000 euros en moyenne pour les étudiants français.

 

 

La fin de la génération Erasmus ?


Au royaume Uni, un sixième du personnel universitaire et un septième des étudiants viennent de l’Union Européenne. De nombreux étudiants européens bénéficient chaque année des avantages du programme Erasmus créé en 1987 : mobilité facilitée, frais de scolarité réduits, organisation de voyages en Europe... Avec la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne, le monde universitaire britannique sera directement impacté.


Plus de 200 000 chercheurs britanniques bénéficient du programme Erasmus, programme qui leur permet de financer un voyage dans un pays européen dans le cadre de leur diplôme. « Sans ce programme, il sera beaucoup plus difficile de les envoyer étudier à l’étranger », précise Nigel Carrington, vice-président de l’Université des Arts de Londres à The Telegraph. « Nous avons eu une augmentation de 50% du nombre d’étudiants partant à l’étranger avec le programme Erasmus durant les trois dernières années ».

Si ces étudiants perdaient leur statut de ressortissant de l’UE. La mobilité des étudiants britanniques serait donc largement altérée par les conséquences du Brexit. Quelques 30 000 étudiants britanniques bénéficient chaque année de cet accord d’échanges, selon le British Council.

 

 

La diversité culturelle dans les universités anglaises mise à mal


Les universitaires redoutent le manque d'étudiants européens dans les établissements britanniques. Elles ont optées en majorité en faveur de Brexit face aux incertitudes britanniques sur l'avenir du financement de la recherche, les frais de scolarité et l'embauche du personnel de l'Union européenne, notamment Oxford, Cambridge, Manchester.


La présence des étudiants européens sur le sol britannique soulève d’importants enjeux économiques. « Nous avons la conviction que quitter l’UE s’avérerait extrêmement problématique », confiait au quotidien The Telegraph Alistair Jarvin, vice-président des universités du Royaume-Uni (UK Universities).

Selon Julia Goodfellow, vice-présidente de l’Université de Kent interrogée par The Telegraph, c'est un problème, « pour les étudiants britanniques, étudier et vivre avec des jeunes issus de cultures différentes est extrêmement bénéfique. ». Selon l’ancien commissaire européen britannique Chris Patten « A Oxford et dans d’autres universités, six universitaires sur dix viennent d’Europe et s’ils doivent faire une demande de visa pour étudier au Royaume-Uni, ce serait dissuasif » Les universitaires européens de renom pourraient à terme se détourner du Royaume-Uni à cause de la nouvelle démarche de demande de visa, rédhibitoire pour certains.

Côté français, le ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur a prévu que 2 millions d’étudiants pourront étudier à l’étranger grâce au programme Erasmus entre 2014 et 2020. Selon Erasmus, l’Angleterre est le deuxième pays le plus prisé des étudiants français.

 

 

Incertaines renégociations des programmes de recherche universitaires


La question se pose de la pérennité des financements européens accordés aux universités britanniques à travers les programmes de recherche comme H2020 (Horizon 2020). Dans le cadre de ce programme de financement de la recherche et de l'innovation pour la période 2014-2020, le Royaume-Uni a déjà recueilli 2,2 milliards d'euros, soit 15 % du total des subventions allouées. Seule l'Allemagne fait mieux, avec 16,3 % du budget. Selon le site d'informations britannique dédié à l'enseignement supérieur, Times Higher Education, près d'un quart du financement de la recherche de l'université de Cambridge provient de l'Union européenne ; contre un cinquième pour Oxford.


En dehors de l’UE, le Royaume-Uni pourrait décider de s’inspirer des modèles suisses et norvégiens, deux pays en dehors de l’UE mais qui ont de nombreux accords et conventions avec l’Europe. Jean-Pierre Finance, délégué permanent pour la CPU à Bruxelles, ex-président de l’université Nancy-I, rappelle que « la Suisse est toujours en train de négocier un accord avec l’UE sur les financements de la recherche et sur Erasmus, après sa votation contre l’immigration de masse ».

 

 

Le monde universitaire britannique doit peser demain sur son gouvernement pour maintenir son lien privilégié avec L’Europe


En conclusion, les risques liés au résultat du referendum décidé par David Cameron sont donc connus. Le monde universitaire britannique stupéfé tente de réduire l’onde de choc. Les étudiants de l’UE apportent une contribution puissante à la recherche universitaire et à l'enseignement britannique. Même si le Royaume-Uni a les moyens de remplacer ces étudiants grâce à la croissante demande venant des pays étrangers, cela constitue une remise en cause profonde de son Université. Plus grave encore, le Brexit porte fondamentalement atteinte au sein de l’Europe au développement des savoirs, à l’ouverture culturelle existante qui constituait l’une des réussites évidente de notre construction européenne.


De façon pratique, Il sera intéressant pour les étudiants européens de rechercher les meilleures alternatives en se tournant vers des pays des pays comme l’Écosse ou l’Irlande ou encore la Suède, le Danemark, pays bien plus accessibles à plusieurs niveaux, où de grandes universités enseignent l’anglais, mais aussi d’autres langues.


Pour autant, toute projection aujourd’hui est prématurée. Sur les 32 Etats participant aux programmes Erasmus, cinq ne sont pas membres de l’Union Européenne et des accords avec ces pays permettent aux étudiants de s’y rendre dans les mêmes conditions. De plus, quitter l'Union européenne pour le Royaume Uni ne se fera pas du jour au lendemain. Il y aura, comme pour les traités commerciaux, un temps de renégociations des accords. L’université et la recherche seront concernées par ces nouveaux accords. Sera mis en œuvre un processus de sortie progressive permettant - espérons en l’avenir!- aux européens de suivre, demain comme avant le Brexit, des études universitaires britanniques parmi les meilleures au monde.

 

 

Sabine Cros-Scherer, 28 juin 2016

 

 

Sources :

 

“What would Brexit mean for universities and would EU students still be able to study in the UK?”, Javier Espinoza, The Telegraph, 20 June 2016

“Brexit vote sparks huge uncertainty for UK universities”, Times Higher Education (THE), 24 June 2016

“Nigel Lawson on Brexit: ‘I love Europe! That’s why I live in France. But the EU has no purpose», Decca Aitkenhead, The Guardian, 2 April 2016

 Comment le « Brexit » va-t-il affecter les étudiants ?, Agathe Charnet et Marine Miller, Le Monde, 23.06.2016

« Brexit : les universités britanniques sous le choc », Céline Authemayou, L’Etudiant EducPro.fr, 24.06.2016

 

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Projet d'avenir

 

Additional Information

En bref

  • The most expensive university MBAs in the UK 2015

    Cliquer sur le lien :

    The most expensive university MBAs in the UK 2015

     

    Classement in Times Higher Education, Août 2015

     
  • 2015: La recherche française en bonne position

     

    2015: La recherche française en bonne position

     

    Selon le dernier rapport 2015 de Thomson Reuters qui permet d’évaluer les résultats en recherches et innovation des différents pays du G20 et leur évolution de 2003 à 20012, la Chine pèse désormais pour 14% du total des publications, les Etats Unis ont perdu 5% de poids dans la production mondiale (de 33% à 27.8%) et l’Europe affiche une même décroissance mais de moindre importance, avec une diminution de 3% (38.5 à 35%).

    La France en Europe arrive à tirer sa carte du jeu. En dix ans, le nombre de publications françaises a augmenté de 28% (51000 à 65000 par an) ! Certes sa part mondiale a régressée avec l’arrivée de la Chine, la Corée du Sud et l’Inde de plus en plus présentes, mais la France fait mieux que la GB en déclin, que l’Allemagne et surtout que le Japon dont l’effondrement lui permet de garder la 5ème place.

     

    Avenue des Ecoles, Avril 2015

     

     
  • Rapprochement entre Paris Dauphine et six IEP

    Rapprochement entre Paris Dauphine et six IEP

    L'université Paris Dauphine vient de signer un accord de partenariat en formation et recherche avec les IEP d'Aix, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg et Toulouse. Les représentants de Paris-Dauphine et des IEP (Instituts d'études politiques) d'Aix, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg et Toulouse ont signé le 19 juin 2013 à Toulouse un accord de coopération en matière de formation et de recherche.

    Cette convention cadre s'accompagnera, dans les prochaines semaines, de conventions bilatérales entre l'établissement parisien et chacun des six IEP, l'accord étant décliné en fonction des spécialités de chaque institut.

    Avec pour objectif une application de l'accord à la rentrée 2014."Il s'agit d'une triple ouverture : géographique, disciplinaire et institutionnelle, indique Laurent Batsch, le président de Paris Dauphine. Des étudiants d'IEP qui ne s'étaient pas posé la question de venir étudier à Paris vont pouvoir l'envisager".


    Source : Mathieu Oui, L'Etudiant/educpros.fr, 20.06.2013

     

     
  • Ecole de commerce. Emprunt étudiant

    FR. Ecole de commerce. Emprunt étudiant 

    L'endettement des étudiants français concerne plus d'un jeune sur six en école de commerce …. En effet, les établissements les plus prestigieux n'hésitent pas à facturer l'année d'étude de 10 000 à 15 000 euros par an. Pour tenir leur rang dans une compétition internationale impitoyable, les écoles investissent. " Et comme l'Etat ne nous soutient pas, constate Pierre Tapie, président de la Conférence des grandes écoles et directeur général de l'Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales (Essec), il faut bien que les étudiants participent. " Et certains s'endettent. Selon Mr Tapie : " A l'Essec, la scolarité coûte 40 000 euros à l'étudiant. Mais il perçoit en retour, à travers des stages notamment, quelque 24 000 euros. La charge nette est donc de 16 000 euros. Si, pour l'assumer, il emprunte, le prêt correspondra à ses cinq premiers mois de salaire en moyenne... C'est donc très raisonnable. ".

     

    Les banques ne s'y trompent d'ailleurs pas, qui misent sur le prêt étudiant, outil efficace de fidélisation : 60 % des étudiants ont un compte dans le même établissement que leurs parents. Les Caisses d'épargne, par exemple, ont des objectifs ambitieux : doubler le nombre de crédits accordés en 2013, soit 30 000, contre 15 000 l'année précédente.

    Compte tenu des caractéristiques sociologiques de la France, l'essor attendu n'est pas assuré. Le prêt avec garantie d'Etat, par la banque publique Oséo, lancé par Valérie Pécresse en 2008, n'a pas répondu aux attentes de ses promoteurs. Cinq ans plus tard, le système fonctionne à petite vitesse : 40 000 prêts ont été signés au total (pour un montant moyen de 8 000 euros). L'objectif était de 60 000 crédits par an.

    Source: Benoît Floc'h, Maxence Kagni et Isabelle Rey-Lefebvre, Le Monde universités & Entreprises, 16.05.2013, p.9.

     

     
  • Etudes Britanniques à l’étranger

    Etudes Britanniques à l’étranger 

    Transnational education ‘brain drain’ warning. A study into transnational education has found that it can help train students to fill skills gaps in host countries, but also warned that it can contribute to a brain drain and has not led to enhanced research. Transnational education – which includes ventures such as branch campuses, joint degrees and the validation of overseas courses - has been promoted by the universities and science minister

    David Willetts. UK universities had established 25 branch campuses by 2012, according to the Observatory on Borderless Higher Education, in countries including China, the United Arab Emirates, India and Malaysia. In 2010-11 there were 291,595 students studying overseas on programmes validated by UK institutions. But so far there has been “little national data” produced on whether such ventures benefit host countries economically or whether the quality of higher education is boosted, according to the pilot British Council study, released today.

    Davie Matthews, Times higher educational, (THE), 14 May 2013