Projet d'avenir

Pistes anglo-saxonnes pour de nouveaux métiers dans la santé

La question de la délégation de certaines tâches du médecin vers un «auxiliaire de santé» se pose en France pour les pouvoirs publics. 

Des «super-super infirmiers» aux compétences élargies pourraient-ils venir plus largement au chevet des malades ?

Les médecins aujourd’hui en France sont débordés. On l’a vu dernièrement, la France détient un bien triste record, celui du plus faible taux de pédiatres par enfant au sein de l’UE. Cette situation n’est pas unique et touche la profession dans son ensemble. Or certains actes médicaux à l’instar de ce qui se passe depuis de longues années à l’étranger et notamment en Angleterre peuvent être exécutés par des auxiliaires de santé.

Un système français qui aujourd’hui atteint ses limites

  1. Les besoins en soins médicaux ne cessent de grandir, avec le vieillissement de la population et la multiplication des pathologies chroniques.
  2. Les médecins, déjà rares dans certaines banlieues ou campagnes, ne sont qu'au début de la baisse de leurs effectifs - la passe la plus difficile est annoncée pour 2020-2025.
  3. La «demande sociale de se prémunir contre la maladie» est de plus en plus forte, alors que les médecins n'ont guère le temps de se consacrer à la prévention.
  4. En dehors de l'encadrement d'une équipe à l'hôpital, les infirmiers n'ont pas de perspectives d'évolution professionnelle.
  5. Enfin, les finances de la Sécurité sociale ne permettent plus de payer des médecins pour des tâches qui pourraient être confiées à d'autres.

Il perdure en France un écart trop important entre d’un côté les infirmiers, kinés, (le plus souvent bac + 3) et de l’autre les médecins, au très connu bac +9ans... Il s’agirait ici de créer des métiers intermédiaires, de niveau master.

Comment mieux aider les médecins dans leurs tâches ? Quels domaines visés ?

Venir en renfort des médecins débordés, voilà donc l’objectif du rapport du député Laurent Hénart, du Pr Yvon Berland, président de l'université d'Aix-Marseille, et de Danielle Cadet, directrice des soins à l'AP-HP sur les «nouveaux métiers en santé», remis le 2 février au gouvernement français.

Pour cela, les auteurs proposent de rapatrier la formation des professions paramédicales dans le giron de l'État, via les universités, alors qu'elle a été confiée aux régions il y a six ans.

Ces nouveaux métiers seraient définis à partir de ceux déjà existants, en les faisant passer de bac + 3 à bac + 5 avec une formation mais aussi une validation de leur expérience.

Ici sont visés les soins de premier recours, les pathologies chroniques, les questions liées au vieillissement, la dépendance, le traitement des cancers. Peuvent y être associés la prescription d’examens, le renouvellement d'ordonnance par une «infirmière praticienne», détartrage par un «hygiéniste dentaire» au lieu d'un dentiste, anesthésie locale et petite chirurgie par un pédicure… :

Un projet inspiré aussi de l'étranger.

À l'étranger, et notamment largement en Angleterre, des infirmières praticiennes délivrent des soins ciblés.

  • Aux États-Unis, pionniers en la matière, des «infirmières praticiennes» ont été formées, ont validé des diplômes et sont capables de pratiquer certains actes médicaux de manière ciblée et encadrée.
  • En Grande-Bretagne, les consultations d'infirmières de première ligne proposent un bilan et une prise en charge des problèmes de santé mineurs. Elles sont aussi en charge du suivi de certaines maladies chroniques (comme par exemple le diabète), sur la base d'une procédure établie, dans les cabinets de soins de santé primaire (NHS).
  • En Australie, pour faire face au vieillissement de la population et au développement des maladies chroniques, un nouveau statut d'infirmières praticiennes a été aussi créé avec des compétences assez larges, pour aller dans les zones rurales isolées, contribuer à la prise en charge des personnes âgées qui ne peuvent pas se déplacer.
  • Plusieurs pays d'Europe du Nord se sont également engagés dans une telle démarche.

Xavier Bertrand, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé souhaite faire évoluer les compétences. Il entend travailler sur cette question en partenariat avec Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche qui se déclare prête elle aussi à s'engager dans une évolution de la formation des professionnels de santé.

A retenir si ce projet fait son chemin : il pourrait être créé des concours paramédicaux ouverts à tous, après la première année de médecine. Affaire à suivre.

Sources
  • O. Auguste, « De nouveaux métiers de santé pour épauler les médecins », www.lefigaro.fr, 3 février 2011,
  • M. Perez, « A l’étranger, des infirmières praticiennes délivrent des soins ciblés », www.lefigaro.fr, 2 février 2011

 

Etudes supérieures

 

Additional Information

En bref

  • The most expensive university MBAs in the UK 2015

    Cliquer sur le lien :

    The most expensive university MBAs in the UK 2015

     

    Classement in Times Higher Education, Août 2015

     
  • Rapprochement entre Paris Dauphine et six IEP

    Rapprochement entre Paris Dauphine et six IEP

    L'université Paris Dauphine vient de signer un accord de partenariat en formation et recherche avec les IEP d'Aix, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg et Toulouse. Les représentants de Paris-Dauphine et des IEP (Instituts d'études politiques) d'Aix, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg et Toulouse ont signé le 19 juin 2013 à Toulouse un accord de coopération en matière de formation et de recherche.

    Cette convention cadre s'accompagnera, dans les prochaines semaines, de conventions bilatérales entre l'établissement parisien et chacun des six IEP, l'accord étant décliné en fonction des spécialités de chaque institut.

    Avec pour objectif une application de l'accord à la rentrée 2014."Il s'agit d'une triple ouverture : géographique, disciplinaire et institutionnelle, indique Laurent Batsch, le président de Paris Dauphine. Des étudiants d'IEP qui ne s'étaient pas posé la question de venir étudier à Paris vont pouvoir l'envisager".


    Source : Mathieu Oui, L'Etudiant/educpros.fr, 20.06.2013

     

     
  • Ecole de commerce. Emprunt étudiant

    FR. Ecole de commerce. Emprunt étudiant 

    L'endettement des étudiants français concerne plus d'un jeune sur six en école de commerce …. En effet, les établissements les plus prestigieux n'hésitent pas à facturer l'année d'étude de 10 000 à 15 000 euros par an. Pour tenir leur rang dans une compétition internationale impitoyable, les écoles investissent. " Et comme l'Etat ne nous soutient pas, constate Pierre Tapie, président de la Conférence des grandes écoles et directeur général de l'Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales (Essec), il faut bien que les étudiants participent. " Et certains s'endettent. Selon Mr Tapie : " A l'Essec, la scolarité coûte 40 000 euros à l'étudiant. Mais il perçoit en retour, à travers des stages notamment, quelque 24 000 euros. La charge nette est donc de 16 000 euros. Si, pour l'assumer, il emprunte, le prêt correspondra à ses cinq premiers mois de salaire en moyenne... C'est donc très raisonnable. ".

     

    Les banques ne s'y trompent d'ailleurs pas, qui misent sur le prêt étudiant, outil efficace de fidélisation : 60 % des étudiants ont un compte dans le même établissement que leurs parents. Les Caisses d'épargne, par exemple, ont des objectifs ambitieux : doubler le nombre de crédits accordés en 2013, soit 30 000, contre 15 000 l'année précédente.

    Compte tenu des caractéristiques sociologiques de la France, l'essor attendu n'est pas assuré. Le prêt avec garantie d'Etat, par la banque publique Oséo, lancé par Valérie Pécresse en 2008, n'a pas répondu aux attentes de ses promoteurs. Cinq ans plus tard, le système fonctionne à petite vitesse : 40 000 prêts ont été signés au total (pour un montant moyen de 8 000 euros). L'objectif était de 60 000 crédits par an.

    Source: Benoît Floc'h, Maxence Kagni et Isabelle Rey-Lefebvre, Le Monde universités & Entreprises, 16.05.2013, p.9.

     

     
  • Etudes Britanniques à l’étranger

    Etudes Britanniques à l’étranger 

    Transnational education ‘brain drain’ warning. A study into transnational education has found that it can help train students to fill skills gaps in host countries, but also warned that it can contribute to a brain drain and has not led to enhanced research. Transnational education – which includes ventures such as branch campuses, joint degrees and the validation of overseas courses - has been promoted by the universities and science minister

    David Willetts. UK universities had established 25 branch campuses by 2012, according to the Observatory on Borderless Higher Education, in countries including China, the United Arab Emirates, India and Malaysia. In 2010-11 there were 291,595 students studying overseas on programmes validated by UK institutions. But so far there has been “little national data” produced on whether such ventures benefit host countries economically or whether the quality of higher education is boosted, according to the pilot British Council study, released today.

    Davie Matthews, Times higher educational, (THE), 14 May 2013 

     

     

     
  • Un étudiant coûte en moyenne 11.630 euros par an à l’État français

    Un étudiant coûte en moyenne 11.630 euros par an à l’État français

     

    FR. Coûts des universités. Un étudiant coûte en moyenne 11.630 euros par an à l’État. Les élèves des classes prépas sont ceux qui coûtent le plus cher. Plus d’un jeune sur deux accède à l’Enseignement supérieur, et 650.000 d’entre eux bénéficient d’une bourse. Le rapport sur «L’état de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en France» vient d’être publié début mai par le gouvernement. Un secteur qui pèse 28 milliards d’euros en 2011. 2.347.800 étudiants étaient inscrits dans l’enseignement supérieur cette année-là, un nombre qui «n’a jamais été aussi important.

    À 11.630 euros, la dépense annuelle moyenne par étudiant baisse légèrement par rapport à l’an passé , l’hexagone se classant dans la moyenne des pays de l’OCDE. La France reste néanmoins loin des États-Unis, champions en la matière avec plus de 22.000 euros dépensés par étudiant. Une générosité qui trouve peut-être son explication dans l’origine des fonds. Alors que l’argent public représente plus de 80 % des financements en France ou en Allemagne, les pays anglo-saxons n’hésitent pas à recourir massivement à l’argent privé: près de 55 % du total en Australie, 61 % aux États-Unis et 70 % au Royaume-Uni. Source : Quentin Blanc, Le Monde, 3.05.2013