Scolarité française

Choisir entre système scolaire britannique et français...

Avenue des Ecoles - conférence sur l'éducationVéronique Fuller, professeur de mathématiques, ayant travaillé dans l’enseignement britannique et français, mère de deux enfants inscrits dans une école française met en lumière les caractéristiques de chacun des systèmes scolaires.

Il s’agit également de préciser les années où le passage d’un système à l’autre peut être plus favorablement envisagé pour l’élève.

De façon générale, l’accueil des écoles anglaises vis-à-vis des enfants qui ne parlent pas anglais est très positif. On distingue les écoles publiques non confessionnelles et les écoles privées sans oublier les écoles catholiques ou anglicanes publiques qui possèdent une charge d’activités confessionnelles. Ces dernières sont très sélectives, exigeant l’implication forte des parents au sein de la communauté religieuse à laquelle ils appartiennent. En général, elles obtiennent de meilleurs résultats que les écoles publiques laïques.

Les académies, sont des écoles qui ont vues le jour il y a quelques années. En général, il s’agit d’écoles publiques qui initialement ne marchaient pas bien et qui de ce fait ont été reprises par des Charity (association). Leur objectif parfois est d’apporter une spécialisation au cursus classique, spécialité qui peut être artistique ou sportive. Elles possèdent en général une discipline plus forte que dans les autres écoles.

Avant de choisir dans quel système inscrire votre enfant (sachant aussi qu’il existe différents système anglais...), il y est préférable au préalable de se poser un certain nombre de questions :

Tout d’abord qu’elle est votre objectif ?

Est-ce un objectif à court terme ? Vous êtes à Londres pour 3 ans et vous vous dîtes que vos enfants peuvent aller apprendre l’anglais pour 3 ans dans un établissement anglais ? Ou bien vous êtes un couple bilingue vraiment installé à Londres pour une longue période et souhaitez que vos enfants puissent avoir l’opportunité de postuler à des universités britanniques ?

Ensuite, quels sont vos moyens ?

Pas seulement financiers car mettre ses enfants dans des écoles anglaises et leur demander ensuite de suivre les cours du CNED est parfois très lourd pour eux. Si on a le souhait ultime de revenir ensuite dans le système français, il faut réfléchir à cette charge de travail supplémentaire pour l’enfant, sans compter les frais de scolarité qui sont très important dès lors que l’on scolarise ses enfants dans le privé anglais. Un terme dans une école privée anglaise peut atteindre des sommes très importantes, sans compter les extras. Tout changement donc est difficile, il faut préparer l’enfant à ce changement, et se dire que tout changement nécessite dans les deux sens un temps d’adaptation.

Quelles valeurs culturelles souhaitez-vous transmettre à vos enfants ?

Avenue des Ecoles - conférence sur l'éducationL’école, par l’enseignement qu’elle dispense, est un acteur important dans la transmission de valeurs clés de voute de l’éducation. Le défi est social car lors d’un changement d’école, on perd ses camarades même si on s’en fait d’autres nouveaux mais aussi l’on est jugé avec des valeurs différentes. Un petit Français qui arrive dans une école publique anglaise peut avoir du mal à s’intégrer si par exemple il ne joue pas au football ou à un sport communément exercé dans l’établissement. Il peut par contre, pour l’anecdote, avoir beaucoup de copines sachant que son accent sera reconnu comme très « charmant »... Les valeurs avec lesquels on est jugé par ses camarades sont remises en cause alors, il s’agit donc de faire attention à l’âge où l’on souhaite changer son enfant de système car il est des âges où l’enfant a du mal à avoir confiance en lui et si, dans le même temps, il perd ses repères cela peut être très délicat pour lui.

Un défi pédagogique également car les méthodes d’enseignements ne sont pas les mêmes. Il n’y a pas une harmonisation des programmes sur le territoire du Royaume-Uni comme c’est le cas en France. Le Baccalauréat dote les lycéens d’une culture générale avec examen concernant 9 matières et deux options. Dans le système anglais, l’examen A-Level contenant trois matières obligatoires (4 dans certaines écoles). Par conséquent une spécialisation rapide des enseignements que se choisissent après le GCSE (General Certificate of Secondary Education) à 16 ans-17 ans, oblige à choisir les matières que l’on va choisir et qui vont déterminer les matières choisies dans le supérieur. C’est un choix qui peut nous paraître comme un choix rapide.

Ensuite, la valorisation relative des matières est également différente. Dans le système français, nous sommes dans un modèle où les mathématiques sont dans une position nécessaire et suffisante pour avoir accès aux universités. Du côté anglais, nous serons dans le suffisant mais pas dans le nécessaire. Ainsi un étudiant en médecine ne fera pas forcément des maths mais de la biologie et de la chimie.... Le sport dans les écoles anglaises est également mis en avant, valorisé pour ses valeurs de travail en équipe et de compétition.

Les passages possibles d’un système à l’autre

Avenue des Ecoles - conférence sur l'éducationLes passages possibles classiques se font dès que l’on commence un nouveau cycle scolaire (CP, 6ème, seconde).

Pour autant, il apparait plus facile pour un enfant, selon des professeurs de primaire, d’arriver dans le système français en grande section de maternelle plutôt qu’en CP. L’enfant aura eu le temps d’apprendre et pourra confortablement poursuivre son cursus après. Si un enfant rentre en Year 7 (6ème) dans une école anglaise, il aura à passer un examen qui n’est pas forcément accessible à tous (Year 7+). A l’inverse, trouver une place en 6ème dans un établissement français n’est pas chose aisée. Peut également s’envisager le passage en 3ème section britannique venant d’une Year 10 dans le système britannique.

Valeurs pédagogique différentes : Dans l’éducation française, on croit que les élèves faibles dans une classe vont être inspirés par les meilleurs de la classe. Dans une école britannique, on estime que les meilleurs apprennent mieux quand ils sont avec les meilleurs et les plus faibles apprendront mieux quand ils seront avec les plus faibles. On a donc systématiquement des groupes de niveaux qui sont organisés dans les classes anglaises. Il y a donc une certaine pression pour être dans le Top groupe pour les enfants et à l’inverse, il n’est pas facile parfois de sortir du groupe des faibles. Il y a également des évaluations et des tests trimestriels pour évaluer le niveau de chaque élève qui est peut-être plus stressant que le control continu que l’on a dans le système français.

Sur la philosophie de l’enseignement d’un côté on a un système déductif, c’est la tradition cartésienne, avec thèse-antithèse-synthèse, un enseignement en général assez structuré qui donnent aux enfants ce qu’ils doivent apprendre avec des démonstrations. Par opposition à  un univers plus inductif dans le système anglo-saxon, où l’on observe, l’on remarque que cela marche, on va faire et on en déduit quelque chose. Des parents interrogés qui sont passés du système français aux sections britanniques du Lycée Français ont vu les difficultés d’adaptation de leurs enfants. La section britannique demande à l’élève plus d’autonomie plus de responsabilités dans la recherche de l’information.

On trouve enfin une grande distinction dans la perception de la Valeurs de laïcité. Dans l’éducation française, on laisse sa religion à la porte de l’école. Ceci n’est pas de mise au Royaume-Uni où l’aspect confessionnel est parfois intégré dans l’école.

En conclusion

Ecole anglaise ou école françaises constitue un choix personnel, chaque enfant est différent et passer d’un système à l’autre dans un sens ou dans l’autre n’est pas évident. Pour autant, trouver la bonne école anglaise est plus facile avec les classements de l’Ofsted (et retenant les meilleures écoles (Oustanding schools). Pour les écoles secondaires compétitives, on conseillera le classement du Financial Times.

Entretien

  • Entretien avec Mme Mireille Rabaté, proviseur du Lycée International de Londres Winston Churchill

    Nous avons rencontré Mme Rabaté, proviseur du Lycée International de Londres Winston Churchill pour faire le point sur les nouveautés de cette deuxième année et les perspectives pour la prochaine rentrée scolaire.


    Pouvez-vous nous faire un point sur la situation actuelle de votre établissement ?

    Nous avons accueilli, cette année, 731 élèves soit une augmentation de 60% par rapport à l’année dernière. Nous avons aussi augmenté notre personnel en conséquence.

    Pour le lycée, nous comptons aujourd’hui 5 classes de seconde et 5 classes de première. Nous ouvrirons l’année prochaine 5 classes de terminales dans les filières L, S et ES, ce qui permet à chacun de trouver sa voie.


    Votre établissement se caractérise par son enseignement bilingue, proposez vous un bac à option internationale?

    Oui, en effet, nous proposons dès cette année à tous nos élèves de préparer l’Option Internationale du Baccalauréat francais (OIB).

    Les lycéens passeront toutes les épreuves correspondant à leur série, mais les épreuves de langue anglaise et d'histoire-géographie sont remplacées par deux épreuves en anglais à l’écrit et à l’oral, en littérature anglaise et histoire-géographie.

    Cette option est ouverte à ceux qui ont acquis un niveau élevé d’Anglais à l’écrit et à l’oral. Le bac option OIB est un plus et ouvre largement les portes des universités étrangères.


    Avez-vous d’autres projets pour l’avenir, j’ai entendu parlé de l’offre de l’International Baccalaureate?

    En effet, nous sommes actuellement en phase de préparation pour devenir “école candidate“ pour l'International Baccalaureate Organisation (IBO) Diploma Programme, enseigné en Anglais et qui s’adresserait à des élèves non-francophones.

    Cette demande ne garantit pas l'acceptation de notre candidature. L’IB Diploma Programme s’inscrirait particulièrement bien dans la culture de notre établissement ouvert sur le monde, la différenciation, le développement de la confiance en soi et de l’épanouissement de l’élève.


    Vous avez placé la technologie au coeur de la pédagogie par l’utilisation des tablettes numériques. Cette innovation a été accueillie au début avec beaucoup de méfiance, qu’en est-il aujourd’hui?

    C’est au contraire la pédagogie qui est au coeur de nos pratiques. Nous sommes sûrs que les outils technologiques peuvent être très utiles au service de la pédagogie.

    Nous cherchons en permanence à nous adapter au monde dans lequel vivront nos élèves demain, après le lycée. Et la technologie, qui a révolutionné nos vies en quelques années, est au coeur de cette réflexion.

    Comme vous le voyez, nous souhaitons offrir à nos élèves une diversité de méthodes pour leur permettre de s’épanouir pleinement.

    Nous sommes conscients que toute nouveauté suscite des interrogations, c’est pourquoi nous sommes particulièrement attentifs aux questions des parents.

    Nous avons ainsi mis en place à l’attention des parents une formation afin qu’ils se familiarisent avec les outils, les applications autorisées et utilisées et qu’ils soient au courant de la sécurité mise en place dans notre dispositif.

    Pour répondre à toutes leurs questions nous proposons des séances avec notre service informatique le mercredi matin.


    Quels sont les projets que vous avez mis en place cette année?

    Cette année, nous avons pu proposer « un programme d’études hors les murs » permettant à 44 élèves de 1ère de partir à l’étranger, au Laos ou au Népal, tout en se rendant utile, pour travailler avec les associations caritatives locales et vivre en immersion avec les habitants du pays. Pour nos élèves de 4ème, nous avons organisé des voyages d’étude linguistique au Guatemala, à Shanghai et à Pékin.

    L’autonomie et l’ouverture d’esprit que cela développe chez nos élèves nous tient à coeur.


    Quels sont vos prochains rendez-vous?

    Nous vous invitons à nos prochaines portes ouvertes organisées pour le secondaire le vendredi 19 mai prochain.

    Une première commission d’affectation des places s’est certes tenue le 2 février dernier mais il est toujours possible de faire une demande d’inscription pour votre enfant au sein de notre établissement, il nous reste des places dans certaines classes.

     

    Entretien réalisé par Sophie Guiroy, Londres, Mai 2017

     

    Pour aller plus loin:

    http://www.lyceeinternational.london/

     

     

Education

 

Additional Information

En bref

  • L'école Les petites étoiles a reçu un "Outstanding" par l'Ofsted en janvier 2017

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  • Avenue des Ecoles/Be-Konnect invité à la conférence de rentrée de Londres Accueil

    Le 3 octobre dernier, s'est tenue à Londres, sous l'égide de Londres Accueil, une conférence sur le thème de "Bien vivre à Londres"

     
  • Inscriptions aux Independent schools show London 2015

    Inscriptions aux Independent schools show London 2015

    Quand ? Les 14 et 15 novembre prochains.

    Où? Battersea Evolution, Battersea Park, London, SW11 4NJ

    C’est gratuit si vous vous enregistrez en ligne !

    « As the UK’s largest school open day, the Independent Schools Show annually welcomes 200 of the leading schools to Battersea Park. Join us at this informative and dynamic event to meet key admissions teams; speak with heads; enquire about entry requirements at all stages; explore scholarships and bursaries”.

     Source : http://www.schoolsshow.co.uk/

     

     
  • Le secteur privé anglais reste le plus performant en 2015

    Le secteur privé anglais reste le plus performant en 2015

    La grande majorité desmeilleures résultats du GCSE en 2015 au sein du secteur public provient des 164 écoles Grammar Schools ce qui est le cas depuis des décennies, et non comme voudraient le dire acteurs par les réformes entreprises par le gouvernement vers les académies. A noter également, que les écoles privées secondaires ont pour 50% d’entre elles obtenu  A *ou grades A au A-level soit près du double de la moyenne nationale.

    Source: “The triumph of the state sector has been exaggerated “, The independent, 31 août 2015

     

     
  • Les nouveautés de cette rentrée 2015 : EMC et Orientation

    Les nouveautés de cette rentrée 2015 : EMC et Orientation

    Un enseignement moral et civique (EMC)

    Du CP à la terminale, tous les élèves bénéficieront d’un enseignement moral et civique (EMC) à partir de septembre.

    Cette nouvelle matière, voulue par l'ancien ministre de l'Education, Vincent Peillon, remplace les traditionnels cours d'éducation civique. Elle sera dispensée par les instituteurs en primaire, à raison d'une heure par semaine, et par les professeurs d'histoire, au collège et au lycée, une heure tous les quinze jours.

    Son contenu : expliciter des notions comme la justice, la dignité, l’égalité ou la solidarité, mais aussi aider les élèves à reconnaître et accepter le pluralisme des opinions. Une éducation aux médias et à l’information est également encouragée.

    Fait nouveau, cette matière devrait figurer parmi les épreuves du nouveau brevet des collèges, prévu pour l'année prochaine. Le programme sera désormais le même pour tous les élèves dans le secondaire, quels que soient leur filière ou leur bac, général, technologique ou professionnel.

    A ces cours s'ajouteront cette année les interventions en classe sur les thèmes « des valeurs républicaines » de bénévoles issus du monde associatif ou de la société civile, inscrits dans la « réserve citoyenne de l'Education nationale » créée à la suite des attentats de janvier 2015.

    L’orientation : un concept au service des élèves

    Dès la sixième, un « parcours Avenir », ou « parcours individuel d’information, d’orientation et de découverte du monde économique et professionnel » sera généralisé dès cette rentrée. L’objectif est d’aider les jeunes à se familiariser avec les acteurs économiques et le monde du travail, afin de mieux bâtir leur projet d’orientation.

    Un parcours d’éducation artistique et culturelle doit voir le jour et permettre ici plus largement en France de favoriser l’accès à l’art pour tous les élèves et de cultiver leur sensibilité. Là encore cet aspect très présent dans les écoles anglaises gagnerait à être réellement encouragé dans les écoles françaises dès le plus jeune âge.