Scolarité anglaise

La course à la bonne école en Angleterre

 

En Angleterre, à l'occasion de l’entrée d'un enfant en primaire à quatre ans révolus, trois possibilités s'offrent aux familles pour son avenir....

 

 

Le système public et gratuit d'une part, fonctionne, comme en France, sur le principe de la carte scolaire; les parents inscrivent leur enfant dans l’école publique de leur quartier, laquelle est tenue de le scolariser. La plupart d'entre elles sont assez bonnes  - et même parfois très bonnes - partout en Angleterre, sauf dans Londres et sa banlieue, en raison d'un afflux massif de non anglophones qui font malheureusement baisser le niveau, à quelques exceptions près.

 

C'est la raison pour laquelle de nombreux parents – a fortiori les Londoniens – se tournent vers les écoles paroissiales (Church of England), également gratuites car subventionnées par l'Etat, mais dépendantes du Diocèse et qui dispensent souvent un enseignement sinon meilleur mais souvent plus strict que les écoles publiques.

 

L’accès y est cependant beaucoup plus difficile; le principe de la carte scolaire s'applique également mais la liste d'attente est souvent très longue et les parents rivalisent d'assiduité à la messe dominicale ou encore se lancent dans la confection de muffins et autres sucreries pour le vicaire en s'imaginant qu'ils augmenteront ainsi les chances d'admission pour leur enfant! Et ce, sans parler des familles qui se débrouillent pour être domiciliées dans la zone de l’école en question, soit par le biais d'une adresse fictive soit en déménageant pour de bon!

 

Comme le souligne une maitresse de nursery school – l’équivalent de la maternelle en France – on frôle souvent l’hystérie collective lorsqu'il s'agit de scolariser son enfant à Londres.

 

Souvent bien avant sa naissance, le choix de l’école qu'il fréquentera quatre ans plus tard est le principal sujet de discussion et de préoccupation des familles. De nombreux parents de la classe moyenne (Middle Class) ou moyenne supérieure (Upper Middle Class) sont soumis à un vrai déterminisme social, qu'ils ont d'ailleurs eux-mêmes créé au fil des générations, à savoir que le choix de l’école primaire déterminera celui de l’école secondaire, puis de l’université!

Bref, beaucoup de parents sont persuadés que si leur enfant ne va pas dans la «bonne» école à quatre ans, il n'entrera pas dans une «bonne» université quatorze ans plus tard.

 

Cette course à la réussite a généré la mise en place d'une éducation à deux vitesses en Angleterre - et surtout dans la capitale -, laquelle est parfaitement illustrée par le succès du troisième système en place, le système privé.

 

La plupart de ces écoles, totalement indépendantes du gouvernement, ne reçoivent aucune subvention, et affichent des tarifs prohibitifs. Il n'est pas rare que les familles qui choisissent le privé s'endettent afin de payer les frais scolaires ou encore décident d'avoir moins d'enfants car ils savent qu'ils ne pourront pas assumer les frais de leur éducation.

 

Un tel sacrifice est justifié cependant par la qualité exceptionnelle de l'enseignement et des équipements sportifs, musicaux ou artistiques en place dans le privé. C'est un véritable privilège que d’étudier dans de telles écoles et c'est pourquoi ce n'est pas toujours aisé d'y entrer.

 

Si certains établissements acceptent les enfants sans difficulté, sur le principe du premier inscrit, premier servi, ce n'est pas le cas de la majorité d'entre eux, qui sélectionnent leurs futurs élèves dès l’âge de trois ans;  ils leur font en effet passer une évaluation qui consiste à colorier une image, écrire son prénom, faire un puzzle et montrer sa bonne interaction en société. Très jeune donc, le bambin est soumis à l'angoisse de l'examen et surtout à la notion de l’échec en cas de refus de la part de l’école.

 

Cette exigence de réussite se répétera d'ailleurs tout au long de la scolarité de l'enfant, tous systèmes confondus cette fois-ci, lorsqu'il s'agira de passer dans le secondaire puis en terminale et enfin d'entrer à l’université.

 

Caroline Sulzer

www.frenchworks.co.uk

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    Cette nouvelle matière, voulue par l'ancien ministre de l'Education, Vincent Peillon, remplace les traditionnels cours d'éducation civique. Elle sera dispensée par les instituteurs en primaire, à raison d'une heure par semaine, et par les professeurs d'histoire, au collège et au lycée, une heure tous les quinze jours.

    Son contenu : expliciter des notions comme la justice, la dignité, l’égalité ou la solidarité, mais aussi aider les élèves à reconnaître et accepter le pluralisme des opinions. Une éducation aux médias et à l’information est également encouragée.

    Fait nouveau, cette matière devrait figurer parmi les épreuves du nouveau brevet des collèges, prévu pour l'année prochaine. Le programme sera désormais le même pour tous les élèves dans le secondaire, quels que soient leur filière ou leur bac, général, technologique ou professionnel.

    A ces cours s'ajouteront cette année les interventions en classe sur les thèmes « des valeurs républicaines » de bénévoles issus du monde associatif ou de la société civile, inscrits dans la « réserve citoyenne de l'Education nationale » créée à la suite des attentats de janvier 2015.

    L’orientation : un concept au service des élèves

    Dès la sixième, un « parcours Avenir », ou « parcours individuel d’information, d’orientation et de découverte du monde économique et professionnel » sera généralisé dès cette rentrée. L’objectif est d’aider les jeunes à se familiariser avec les acteurs économiques et le monde du travail, afin de mieux bâtir leur projet d’orientation.

    Un parcours d’éducation artistique et culturelle doit voir le jour et permettre ici plus largement en France de favoriser l’accès à l’art pour tous les élèves et de cultiver leur sensibilité. Là encore cet aspect très présent dans les écoles anglaises gagnerait à être réellement encouragé dans les écoles françaises dès le plus jeune âge.