Scolarité française

Vers une école bienveillante ?

 

Il existe en France un surdéterminisme de l’école, des diplômes sur l’ensemble de la carrière professionnelle. Mais la compétition ne rend pas plus productif….

 

 

En France, le parcours scolaire dicte la vie future de nos compatriotes.

Bien que les mentalités aient évolué depuis les années 1980, la France reste aujourd’hui attachée à sa petite élite – 5 % de la société – très durement sélectionnée par l'école, et que le monde entier nous envie.

Selon les résultats 2013 de l'enquête PISA où la France connait un net recul, moins de la moitié des jeunes français disent se sentir chez eux à l'école, contre 8 élèves sur 10 en Finlande.

Les élèves français sont stressés et plus angoissés que les autres jeunes. Ils ont « moins confiance en eux concernant leurs compétences », estime l'OCDE, et font « moins preuve de persévérance pour résoudre des problèmes ».

 

Le bonheur à l’école éveille le désir d’apprendre, le saviez-vous ?

Dans notre système, apprendre est effectivement associé à la peine. Et pourtant, les études en neurobiologie ont montré que nous apprenons mieux quand nous nous sentons confortés dans nos aptitudes à réussir que lorsque nous sommes exposés à une compétition.

Prenons l'exemple d'un professeur donnant un exercice à deux groupes d'élèves, expliquant au premier qu'il va les classer, au second qu'il va simplement valider leurs acquis. Les notes du premier groupe, dont les membres vont sécréter de la cortisone – l'hormone du stress –, seront plus faibles. Le deuxième groupe sécrétera de l'ocytocine, hormone associée au plaisir, qui favorise la mémorisation et le raisonnement.

 

Changeons nos pratiques pédagogiques et enseignons la confiance !

Des recherches anglo-saxonnes ont montré que les compétences non cognitives – compétences sociales, comme la capacité à coopérer avec autrui, l'empathie- expliquent l'essentiel des comportements professionnels. L’école française se réforme.

Elle doit s’engager sur de nouveaux objectifs plus larges que celui seul de l’acquisition des compétences. Ses pratiques du passé, favorisant un élitisme forcené doivent être infléchies. Seule une volonté politique forte pourra décider de réduire le primat des disciplines, réviser les méthodes d'évaluation. Cette réforme est urgente. L’exemple de nombreux pays, comme les pays scandinaves ou le RU, témoigne que cet objectif n'est pas inatteignable.

 

De bonnes résolutions à adopter

Oui il y en a, ici, pas loin dans la sphère anglo-saxonne plutôt ….

  • Au lieu de professer un contenu, guidons l’enfant vers une activité adaptée à son potentiel
  • Cherchons à répondre à la sollicitation de l’enfant en leur permettant de libérer ses capacités
  • Ne limitons pas la compétence au lire-compter mais ajoutons l'entraide, la tolérance, l'empathie, la curiosité, la créativité.
  • Mettons l’élève au centre du système scolaire en place du trop sacré Programme scolaire

 

Et en toute première action, c'est sur la formation des enseignants qu'il faudra intervenir et le chantier est vaste. La France reste en effet le seul pays d'Europe où ils sont sélectionnés uniquement en fonction de leurs connaissances académiques. Or accueillir, former, accompagner nécessite bien d’autres talents !

 

Sabine Cros. 21.01.2015

 

 

 

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