Scolarité anglaise

La folie du “tutoring” dès le plus jeune âge dans les écoles privées de Londres


Chacun sait que cela coute une petite fortune d’inscrire son enfant dans une bonne école primaire privée à Londres.

 

 

 

Il faut, en effet, compter entre £2000 et £5600 par trimestre en fonction des âges et des quartiers ! Les parents font ce choix, qui représente souvent un véritable sacrifice et les conduits parfois à contracter un emprunt bancaire, en toute connaissance de cause. I

ls savent qu’ils garantissent ainsi à leur enfant un enseignement d’une qualité exceptionnelle, dans les meilleures conditions possibles en terme d’accès aux équipements sportifs, artistiques ou musicaux.

D’autre part, la vie scolaire dans le privé à Londres est soumise à un vrai déterminisme social. Le choix de la maternelle conditionnera celui de l’école primaire, puis du secondaire, puis de l’université.

Cela nous semble un peu ridicule, à nous, Français, qui sommes élevés dans l’esprit de l’école publique, laïque et gratuite du bon M. Ferry, mais c’est ainsi.

 

Au début des années 2000, et surtout depuis la fin de la dernière décennie, un phénomène nouveau est apparu. En effet, face à une population écolière grandissante dans le privé – notamment en raison du grand nombre d’expatriés - la compétition pour entrer les les bons collèges à partir de 11 ans pour les filles et 13 ans pour les garçons, est de plus en plus rude. Les examens sont d’ailleurs beaucoup plus ardus en 2015 qu’ils ne l’étaient il y a dix ans si l’on compare les annales.

Les parents, soucieux de la réussite de leurs enfants, s’empressent de leur faire donner des cours particuliers dès la year 5– soit un an et demi avant le concours d’entrée dans le secondaire, même si ce n’est pas nécessaire ! Les écoles parallèles qui offrent de tels cours connaissent un essor fulgurant et n’hésitent pas à pratiquer des prix exorbitants, bien que les enseignants n’y soient pas toujours qualifiés.


 Mises à part les préoccupations d’ordre financier, c’est surtout le bien-être des enfants qui en pâtit. En effet, outre leur scolarité normale, ils doivent parfois suivre trois à quatre heures de cours supplémentaires par semaine et c’est tout juste si l’honneur de la famille ne repose pas sur leurs frêles épaules. Les psychologues ont remarqué une recrudescence de comportements pathologiques comme les épisodes dépressifs, l’anorexie et l’automutilation, pour ne pas citer les tentatives de suicide !

Et surtout, les collèges se retrouvent maintenant avec des classes entières d’enfants qui ont été poussés à outrance pour réussir les examens d’entrée mais sont incapables de suivre, une fois reçus et sont donc malheureux….

Elle est bien loin l’époque insouciante de notre propre enfance, où nous nous préoccupions davantage de roudoudous et de corde à sauter que d’équations et de déclinaisons latines.

Laissons les enfants être des enfants, tous ne sont pas destinés à intégrer les meilleures écoles, parfois pour leur bien. Il vaut, en effet, souvent mieux être un gros poisson dans un petit bocal que le contraire !

 

Pour Avenue des Ecoles, Caroline Sulzer, juin 2015

Présidente de l’Association de Parents d’Elèves de Fulham prep School

www.voilacomms.co.uk

www.carolinealondres.com

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