Scolarité anglaise

L'école britannique est sous pression

Début 2013, le gouvernement britannique exige des écoles un rapport sur leurs performances. Aujourd’hui, il s’attaque à la rémunération des professeurs qu’il entend lier aux résultats…

 

 

 

En effet, ce printemps, on a appris que les professeurs anglais verront en 2014 leur paye évoluer au regard de leur mérite et non plus en fonction de leur ancienneté dans l’établissement… L’école est sous pression et les syndicats grondent.

 

Des mesures de contrôle de plus en plus présentes 

 

 

Les établissements scolaires peinant à atteindre leurs objectifs en termes de résultats aux examens scolaires ont été mis dernièrement sous forte pression par le gouvernement anglais.

Ce dernier exige de leur part un rapport détaillé de leurs résultats toutes les six semaines afin de booster leurs performances.

Sur le terrain, une centaine d’écoles secondaires en Grande-Bretagne ont été ainsi identifiées comme ayant peu de chance d’atteindre l’objectif de 40% d’élèves à l’examen du GCSE avec des notes entre A* et C en maths et en anglais.

Le rapport demande des données mises à jour sur les résultats des élèves, le taux de présence au sein de l’établissement, le taux d’exclusion, le taux également de demandes d’inscription dans l’établissement, la qualification des cours enseignés selon un classement précis : qualité de la leçon qualifiée de «  excellente » ; « bonne » ; « adéquate » ; « à reprendre » un peu à l’instar des recommandations de l’Ofsted.

En outre, il exige que les directeurs évaluent la « gestion quotidienne de l’école ».

Ces dernières années, on estime que 60% des écoles secondaires ont changé de statut pour devenir des académies et ainsi sortir de la tutelle des autorités locales (Local Education Authority, LEA) précisément les borough councilspour directement dépendre du Ministère de l’éducation.

Ce sont elles qui sont ici les plus concernées par ce tour de vis.

 

Pour progresser, l’école a pourtant besoin de temps 

 

Les ministres, en leur temps, ont soutenu le mouvement d’autonomie des académies. Aujourd’hui, les responsables de l’ASCL (Association of School and College Leaders) dénoncent ce nouveau contrôle plus contraignant pour eux que par le passé.

Ils déplorent cette demande de rapport car les écoles ont nécessairement besoin de temps pour s’améliorer. La mise sous pression de certaines académies pourrait ainsi avoir comme conséquence, en termes de résultat, l’effet inverse de celui escompté.

Pour Brian Lightman, Secrétaire Général de l’ASCL qui s’exprimait dernièrement dans le Times Educational Supplement (TES), « cette intervention exige beaucoup plus d’information que n’importe quelle procédure ou inspection commandée par l’autorité locale pour une école sous mesures particulières. Il s’agit d’une approche vraiment bureaucratique et maladroite ».

En réponse, l’Etat se présente comme responsable de la surveillance de la progression des académies.

Il souhaite par cette initiative installer un climat de challenge et de défi pour réussir, tout en maintenant un soutien éclairé.

Il n’en reste pas moins que ce contrôle représente une forte intervention de l’Etat au sein des établissements scolaires.

Or, cette initiative va à l’inverse du souhait de M. Gove, qui est de réduire le niveau de bureaucratie actuel au sein de son ministère et de donner plus d’autonomie et de liberté aux chefs d’établissements scolaires.

Enfin, le bon sens n’appellerait-t-il pas à offrir plus de soutien aux écoliers dans leurs efforts pour progresser plutôt que de remplir formulaires et rapports multiples ?

 

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Entretien

  • Entretien avec Mme Mireille Rabaté, proviseur du Lycée International de Londres Winston Churchill

    Nous avons rencontré Mme Rabaté, proviseur du Lycée International de Londres Winston Churchill pour faire le point sur les nouveautés de cette deuxième année et les perspectives pour la prochaine rentrée scolaire.


    Pouvez-vous nous faire un point sur la situation actuelle de votre établissement ?

    Nous avons accueilli, cette année, 731 élèves soit une augmentation de 60% par rapport à l’année dernière. Nous avons aussi augmenté notre personnel en conséquence.

    Pour le lycée, nous comptons aujourd’hui 5 classes de seconde et 5 classes de première. Nous ouvrirons l’année prochaine 5 classes de terminales dans les filières L, S et ES, ce qui permet à chacun de trouver sa voie.


    Votre établissement se caractérise par son enseignement bilingue, proposez vous un bac à option internationale?

    Oui, en effet, nous proposons dès cette année à tous nos élèves de préparer l’Option Internationale du Baccalauréat francais (OIB).

    Les lycéens passeront toutes les épreuves correspondant à leur série, mais les épreuves de langue anglaise et d'histoire-géographie sont remplacées par deux épreuves en anglais à l’écrit et à l’oral, en littérature anglaise et histoire-géographie.

    Cette option est ouverte à ceux qui ont acquis un niveau élevé d’Anglais à l’écrit et à l’oral. Le bac option OIB est un plus et ouvre largement les portes des universités étrangères.


    Avez-vous d’autres projets pour l’avenir, j’ai entendu parlé de l’offre de l’International Baccalaureate?

    En effet, nous sommes actuellement en phase de préparation pour devenir “école candidate“ pour l'International Baccalaureate Organisation (IBO) Diploma Programme, enseigné en Anglais et qui s’adresserait à des élèves non-francophones.

    Cette demande ne garantit pas l'acceptation de notre candidature. L’IB Diploma Programme s’inscrirait particulièrement bien dans la culture de notre établissement ouvert sur le monde, la différenciation, le développement de la confiance en soi et de l’épanouissement de l’élève.


    Vous avez placé la technologie au coeur de la pédagogie par l’utilisation des tablettes numériques. Cette innovation a été accueillie au début avec beaucoup de méfiance, qu’en est-il aujourd’hui?

    C’est au contraire la pédagogie qui est au coeur de nos pratiques. Nous sommes sûrs que les outils technologiques peuvent être très utiles au service de la pédagogie.

    Nous cherchons en permanence à nous adapter au monde dans lequel vivront nos élèves demain, après le lycée. Et la technologie, qui a révolutionné nos vies en quelques années, est au coeur de cette réflexion.

    Comme vous le voyez, nous souhaitons offrir à nos élèves une diversité de méthodes pour leur permettre de s’épanouir pleinement.

    Nous sommes conscients que toute nouveauté suscite des interrogations, c’est pourquoi nous sommes particulièrement attentifs aux questions des parents.

    Nous avons ainsi mis en place à l’attention des parents une formation afin qu’ils se familiarisent avec les outils, les applications autorisées et utilisées et qu’ils soient au courant de la sécurité mise en place dans notre dispositif.

    Pour répondre à toutes leurs questions nous proposons des séances avec notre service informatique le mercredi matin.


    Quels sont les projets que vous avez mis en place cette année?

    Cette année, nous avons pu proposer « un programme d’études hors les murs » permettant à 44 élèves de 1ère de partir à l’étranger, au Laos ou au Népal, tout en se rendant utile, pour travailler avec les associations caritatives locales et vivre en immersion avec les habitants du pays. Pour nos élèves de 4ème, nous avons organisé des voyages d’étude linguistique au Guatemala, à Shanghai et à Pékin.

    L’autonomie et l’ouverture d’esprit que cela développe chez nos élèves nous tient à coeur.


    Quels sont vos prochains rendez-vous?

    Nous vous invitons à nos prochaines portes ouvertes organisées pour le secondaire le vendredi 19 mai prochain.

    Une première commission d’affectation des places s’est certes tenue le 2 février dernier mais il est toujours possible de faire une demande d’inscription pour votre enfant au sein de notre établissement, il nous reste des places dans certaines classes.

     

    Entretien réalisé par Sophie Guiroy, Londres, Mai 2017

     

    Pour aller plus loin:

    http://www.lyceeinternational.london/

     

     

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